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WhatsApp, FacebooK… : Les réseaux sociaux, nouveaux arbres à palabres





A longueur de journée, des Sénégalais, surtout des jeunes, sont connectés sur les forums de discussions : Facebook, WathsApp, presse en ligne… où toutes les questions sont abordées ; des plus utiles au moins importantes. Des forums qui, aujourd’hui, sont les lieux privilégiés pour prendre la parole avec toutes les dérives que cela comporte.

Dans le jardin du Point-E, sur la route qui mène à la police de Grand-Dakar, une fille est tranquillement assise. La nuit tombant, elle est sortie, dit-elle, pour prendre de l’air en cette période de forte canicule à Dakar. Sokhna Mbathio Sall qui a quitté son Saloum natal pour venir en vacances chez des parents dans la capitale sénégalaise profite aussi de ce moment de solitude pour échanger avec ses amies via leur groupe WathsApp. Ce forum de discussions, Mbathio et ses anciennes camarades de classe l’ont créé au milieu de l’année scolaire 2016-2017. A son avis, leur groupe WathsApp leur permet d’échanger des informations sur la mode, la tendance du moment, mais aussi de partager des exercices. Le groupe a aussi un caractère ludique surtout en cette période de grandes vacances où elle et ses amies, à longueur de journée, se partagent des messages audio et vidéo. Même si cette discussion est privée et ne concerne qu’un nombre restreint d’amies qui ont cheminé ensemble de la 3ème à la terminale, Sokhna Mbathio Sall n’a pas peur que le contenu de leurs discussions se retrouve un jour sur la place publique parce que, dit-elle, il n’y a rien de compromettant dans leurs échanges.

Le respect de cette charte, poursuit-elle, est même une obligation pour adhérer à ce groupe. Celle qui passe outre ce consensus, est remise à l’ordre sans hésitation. Si elle récidive, elle la « retire purement et simplement » de la plateforme. Sokhna Mbathio est au courant de toutes les dérives notées, ces derniers temps, sur WathsApp, Facebook et autres réseaux sociaux et forums de discussion. Elle est sûre qu’elle ne sera pas une deuxième Amy Collé Dieng, la chanteuse sénégalaise qui s’est retrouvée en prison pour avoir tenu des propos offensants contre le chef de l’Etat avant d’être libérée après quelques jours de détention. Dans son groupe WathsApp « Sopey Karim », l’artiste avait, dans un message audio, tenu des propos discourtois contre le président de la République. Cette discussion tenue dans un cadre privé s’était retrouvée dans l’espace public. Pour Basile Niane youtubeur et social manager, le cas de l’artiste Amy Collé Dieng est un peu dérangeant parce que l’Etat a arrêté quelqu’un qui a parlé dans le cadre privé. « Le problème qui se pose est que créer un groupe ne veut pas dire que tu es responsable du contenu. La personne qui diffuse pose souvent problème. Si l’on arrête la personne qui a créé le groupe, forcément, on doit mener des enquêtes pour retrouver la personne qui a fait sortir le contenu », explique Basile Niane.

A l’instar de Sokhna Mbathio Sall, beaucoup de jeunes restent, à longueur de journées, connectés sur internet. Ils sont sur WathsApp, Facebook, twitter, et autres forums de discussion qu’on peut même retrouver dans la presse en ligne. Aujourd’hui, on assiste à une génération 2.0.

Mais le seul problème, déplore Basile Niane, est que « les gens ne savent plus où se limite la liberté d’expression et où commence celle des autres ». « Il faut comprendre que tout n’est pas bon à dire sur les réseaux sociaux. Quand le dire et où le dire, c’est important et il faut qu’on apprenne cela aux jeunes », suggère M. Niane. Qu’est-ce qui doit être dit sur les forums de discussion et qu’est-ce qui ne doit pas l’être ? Djiby Dieng connait la réponse à cette question. Très « connecté », le trentenaire est sur Facebook et est membre d’un groupe WathsApp.

Sur Facebook, dit-il, il discute avec ses amis via Messenger. Sa vie privée, est-ce qu’il l’expose sur ces forums de discussion ? Jamais !, répond, sans ambages, Djiby Dieng aujourd’hui père d’un enfant. La naissance de son « petit bout de bois de Dieu », il ne l’a pas annoncé sur sa page Facebook comme le font certains avec une photo du nouveau à l’appui. « Je pense qu’on ne doit pas publier tout sur Facebook ou partager sur WathsApp. Pour moi, la naissance de mon enfant fait partie de ma vie privée », explique M. Dieng, ouvrier maçon de profession. Selon lui, il y a certains qui, sur WathsApp ou Messenger, parlent de leur vie de famille ou de couple avec des amis virtuels. D’autres envoient des photos ou vidéos compromettantes à des amis par WathsApp ou autres canaux de communication sur internet. Ces photos prises ou envoyées dans un cadre privé se retrouvent souvent sur la place publique. C’est le cas de la danseuse Mbathio Ndiaye dont les photos laissant apparaître ses parties intimes étaient partagées sur WathsApp. Cet épisode avait fini par créer un tollé général. Ce qui avait poussé la danseuse à se confondre à des excuses publiques. Mais le mal était déjà fait.


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Mercredi 6 Septembre 2017 - 15:44



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