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YORO NDIAYE, ARTISTE COMPOSITEUR « C’était dur, j’ai sollicité des ténors de la musique, mais ils me faisaient courir… »


Yoro Ndiaye, un jeune Baol Baol, a su tirer son épingle dans le milieu musical sénégalais depuis 2007 ; ce qui lui a valu d’être sélectionné parmi les artistes qui doivent se produire au Global Fest, une manifestation culturelle, mais surtout musicale…. Il a mis sur le marché deux albums : le premier intitulé « Beug Dem » en 2007 et le second qui a pour titre « Nittu nitt » en 2009. Dans cette interview, le chanteur est revenu sur sa sélection pour le Global Fest organisé aux Etats-Unis, les coupures intempestives d’électricité….




YORO NDIAYE, ARTISTE COMPOSITEUR « C’était dur, j’ai sollicité des ténors de la musique, mais ils me faisaient courir… »
Qu’est-ce que cela vous fait de représenter le Sénégal au Global Fest ?

Tout d’abord, je remercie la Compagnie New Africa Production, une boîte avec qui j’ai collaboré jusqu’à ce que l’on aboutisse à cette sélection. Celle-ci avait travaillé avec Fallou Dieng, qui avait une fois participé à cette manifestation. Le Global Fest avait choisi l’année dernière un Sénégalais, en l’occurrence Méta Crazy, qui réside aux Etats-Unis et fait du reggae. Cette année, le choix s’est porté sur ma personne. C’est une grande opportunité qui s’offre à moi, et c’est aussi une porte que Dieu m’a ouverte. Je rends grâce au Tout-puissant.

Comment comptez-vous saisir cette grande chance de jouer devant des grands producteurs et tourneurs ?

C’est plus qu’une chance. C’est une opportunité que tout chanteur aimerait avoir. Global Fest, à mon avis, est une Foire. Tout le monde sait qu’une Foire, c’est pour vendre et montrer des produits. Les Compagnies de musique et de management y seront présentes pour chercher des talents. En même temps, elles vont montrer les talents dont elles disposent en leur sein. Il y aura aussi les grands journalistes culturels. Donc, si Dieu me donne la chance de me produire devant ces producteurs et tourneurs, c’est une grande occasion. Les initiateurs de Global Fest ont choisi 13 musiciens à travers le monde et je vais représenter le Sénégal.

Des artistes sénégalais ont déjà eu à se produire au Global Fest. Au fond de vous, ne vous dites-vous pas que vous avez franchi un palier de plus ?

Comme je l’ai dit tantôt, je remercie le Seigneur parce que c’est quelque chose qui n’est pas donné à tout le monde. J’ai duré dans la musique sénégalaise, c’est vrai qu’on vient de me connaître sur la scène musicale. Quand j’étais conscient que je devais faire de la musique, je faisais le Brevet de fin d’études moyennes. Et j’ai arrêté l’école en classe de 1ère.

« Beug deme » et « Nittu nitt » sont les deux albums que vous avez mis sur le marché. Et pourtant, pas mal de mélomanes soutiennent que vous êtes un artiste peu productif, mais pétri de talent. Quel est votre sentiment là-dessus ?

Les deux albums sont une autoproduction. C’est vrai que l’on m’a aidé, mais toute la base, c’est moi. J’ai mon studio. Déjà, je connaissais la direction que je voulais prendre par rapport à la musique. Ce n’est pas facile qu’un artiste s’autoproduise et atteigne ce niveau-là. La production n’est pas facile ; donc, il faut faire doucement, surtout si on veut produire de la qualité. Ce que l’on gagne sur la musique, c’est ce que l’on investit aussi pour pouvoir subvenir à ses besoins. Il faut se produire en live le maximum possible pour pouvoir s’en sortir, car si on compte en ce moment sur la vente des CD, on ne pourra pas s’en tirer. L’album, c’est un support pour que les gens puissent nous vendre à travers les Festivals et les spectacles que nous ferons.

Vous jouez en live avec vos deux albums. Mais n’est-il pas temps que vous changiez de stratégie en mettant sur le marché un 3éme disque ?


Ceux qui suivent mes soirées savent bien que ce ne sont pas les mêmes choses qui reviennent. À chaque fois que j’organise une soirée, elle est remplie de monde, parce que les mélomanes n’écouteront pas ce qu’ils ont déjà écouté. À chaque fois que je joue, j’essaie d’apporter quelque chose de nouveau. Ça dépend aussi de mes humeurs, des publics ; les morceaux changent au jour le jour. Je dirai que les albums que j’ai sortis sont matures. On n’avait pas les moyens pour aller jusqu’au bout de nos idées. Ce que j’ai mis dans les albums, je ne veux pas l’écouter. Pour moi, c’est médiocre, alors que pour les autres c’est excellent. Personnellement, je sais que je pouvais me dépasser et faire mieux.




Et si on revient sur Global Fest, est-ce que vous vous attendiez à être sélectionné avec vos albums médiocres ?

(Il coupe) Bien sûr, je m’y attendais. Seulement, quand je dis que c’est médiocre, c’est parce que je ne suis pas allé jusqu’au bout de mes idées. Quand je dis avoir les moyens par exemple, c’est que si j’ai besoin d’un musicien, je peux faire appel à lui pour qu’il vienne jouer la qualité sonore que je désire. Idem pour le studio ou la basse que je veux. Ce sont des choses qui ont manqué dans mes albums.



Est-ce que vous avez sollicité les ténors de la musique sénégalaise ?

Oui, je l’ai fait ! Mais je n’avais pas la patience d’attendre ; ils me faisaient courir de gauche à droite. J’ai collaboré avec certains d’entre eux, mais ça n’a pas abouti. Toutes choses qui font que j’ai décidé de voler de mes propres ailes.



Qui parmi les ténors avez-vous sollicité ?

Non, je préfère ne pas rentrer dans ce débat. Moi, je travaille et je n’attends personne, parce qu’ils te font courir. Aide-toi et Dieu t’aidera, moi je crois en Dieu.

Pourquoi les ténors n’aident-ils pas les jeunes musiciens ?


Pourtant, certains le font.

Donc, c’est vous qui avez voulu mettre la charrue avant les bœufs ?


Non ! je pense que quand quelqu’un veut t’aider, il n’a pas besoin que tu tapes à sa porte.

Dans le morceau « confiance », vous avez fait un duo avec Ablaye Mbaye. Qu’est-ce qui vous a attiré en lui ?

Ablaye Mbaye vient souvent dans mes soirées. Je le sens musicalement et j’aime ce qu’il fait. Concernant le morceau « confiance », j’avais envie de le faire tout seul. Quand Ablaye Mbaye a écouté naturellement le morceau, il chantonnait et ça m’a séduit. C’est là que je l’ai invité à faire cette chanson avec moi. Un musicien doit être humble et généreux, pour pouvoir produire quelque chose de beau.


YORO NDIAYE, ARTISTE COMPOSITEUR « C’était dur, j’ai sollicité des ténors de la musique, mais ils me faisaient courir… »
Est-ce que vous comptez mettre sur le marché un nouvel album ?

Oui ! L’album sera pour bientôt sur le marché. Il y a des titres qui sont prêts depuis belle lurette et d’autres sont en chantier. Pour sortir un album, il faut être sur place pour pouvoir le gérer. Mais si on est sur beaucoup de choses, on ne pourra pas le suivre ; c’est pourquoi j’attends le moment opportun pour le mettre sur le marché. Il y aura un problème de temps, car c’est bientôt les fêtes de Noël, le Fesman (Festival mondial des arts nègres). S’y ajoute qu’en janvier, je dois aller aux Etats-Unis pour le Global Fest. Mais avant d’y aller, je ferai quelque chose pour les Sénégalais. Je vais leur offrir un single pour leur annoncer la couleur de ce que je ferai.

En parlant du Fesman, est-ce que les organisateurs vous ont contacté ?

Non ! Pas encore, mais on m’a soufflé quelque chose. Franchement, pour le Fesman, je n’y connais rien, en ce moment. On pouvait au moins avoir le programme. De ce fait, on saura ou est ce qu’on va jouer. Peut-être aussi, s’ils n’ont rien dit jusqu’à présent, c’est dans le souci de bien faire, de bien organiser, puisqu’on l’a une fois reporté.

Vous avez fêté récemment les 3 ans de votre groupe « Askan Wi ». Quel bilan en tirez-vous ?


Je remercie le bon Dieu. Chaque année, il y a une évolution. Je remercie aussi mes fans de « Xarit club » qui a deux ans maintenant. Ils m’accompagnent dans tout ce qui touche au social. Merci à tous ceux qui partagent le bonheur que j’ai dans ce milieu. Je rends hommage aussi à Feu Omar Bâ qui était un grand technicien.

Comment vivez-vous les délestages ?


C’est vrai que c’est pénible, surtout que cela occasionne des dégâts. Si le fait qu’on a changé de ministre peut régler le problème des Sénégalais, tant mieux. Je prie le Seigneur pour qu’il nous aide.

Propos recueillis par Samba THIAM et Aminatou DIOP (stagiaire)
lasquotidien.info




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