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DEVENU RICHE GRACE AUX OISEAUX : La fabuleuse histoire de Diallo Picc, parrain de la route "Tally Diallo" de Thiaroye



La plus célèbre route de Thiaroye porte son nom : Tally Diallo. Diallo, c'est l'histoire d'un jeune Foutanké qui a débarqué à Dakar dans l'anonymat pour devenir célèbre grâce à la vente des oiseaux. D'où le sobriquet de «Diallo Picc».



DEVENU RICHE GRACE AUX OISEAUX : La fabuleuse histoire de Diallo Picc, parrain de la route "Tally Diallo" de Thiaroye
O.S.E.R. Ces quatre lettres enseignées aux étudiants dans les grandes écoles de Commerce du monde et qui, dit-on, sont à la base de tout entreprenariat, un jeune Toucouleur du nom d'Amadou Diallo, plus connu sous le nom de «Diallo Picc» ou «Diallo oiseaux», les avait déjà en bandoulière lorsqu'il quitta son Fouta natal pour aller à l'assaut de la grande ville de Dakar. C'était en 1933. Il n'avait que 15 ans. Mais, déjà les premiers jalons d'un «Succès story» qui allait émerveiller plus tard les Sénégalais dont l'ancien président de la République, Léopold Sédar Senghor et son épouse, Collette. Pourquoi Amadou Diallo avait-il choisi Dakar et pas les champs du Fouta où ses camarades s'en donnaient à cœur joie sous un soleil ardent ? «Parce qu'il était très entreprenant. C'est quelqu'un qui aimait le défi et surtout l'originalité. C'est à Dakar qu'il voyait la possibilité d'entreprendre quelque chose et non pas au Fouta», explique un de ses enfants, Alassane Diallo. Arrivé à Dakar, le jeune Foutanké fait ses premiers pas dans la grande famille de El Hadji Amadou Assane Ndoye. Avec les enfants de ce dernier, il allait souvent à Gorée où il se plaisait à plonger au fond de l'eau pour aller récupérer des pièces de monnaie que les touristes «Toubabs» s'amusaient à jeter dans l'eau. Plus tard, le jeune Diallo sera employé comme contremaître, quoiqu'il soit analphabète, ne sachant ni lire ni écrire la langue du colon, dans une usine de pêche. Cette société se trouvait, d'après des témoins, dans la zone qui abritait à l'époque la société «Sotiba Simpafric». Cette étape va changer le cours de sa vie car, c'est dans cette usine de pêche que le déclic va arriver Amadou Diallo remarquer que le domicile de son employeur Toubab ne désemplissait pas d'amis qui y venaient uniquement pour admirer des oiseaux. Il flaire un bon filon et décide d'aller attraper des oiseaux pour les vendre aux Européens.

Il a bien vu et son coup est porté vers le succès. Amadou Diallo commence par les oiseaux de Dakar avant d'étendre son champ de chasse à l'intérieur du Sénégal. Dans de nombreuses localités, il organise les jeunes des villages en leur fournissant tout le matériel nécessaire à la chasse aux oiseaux. Les jeunes s'intéressent davantage à l'activité, car Diallo achetait les prises à un prix fort. La stratégie paie de sorte que des jeunes d'autres localités plongent dans le nouveau business. A l'arrivée, Amadou Diallo a implanté dans plusieurs localités du Sénégal des zones de stockage d'oiseaux.

La risée du coin

Dans son domaine de Thiaroye, il aménage une grande concession juste pour y abriter des oiseaux. Ses proches se rappellent que les gens en rigolaient. C'est de ces moqueries, d'ailleurs, qu'on lui avait collé le sobriquet de «Diallo Pithie». Certains habitants de Thiaroye étaient même allés jusqu'à le considérer comme un fou. «Ici à Thiaroye, les gens passaient dans la rue en rigolant. Ils disaient qu'il y a un cinglé qui a investi beaucoup d'argent pour construire de grands bâtiments, juste pour y garder des oiseaux», se souvient encore Alassane, le fils de «Diallo Pithie». Ces remarques et ces moqueries, «Diallo Pithie» n'en avait cure. Il pensait plutôt à agrandir ses activités. Ce qu'il avait réussi en voyageant, durant des jours, dans la cale d'un bateau avec sa grande caisse d'oiseaux et ses provisions dans les bras. Sur le quai du port de Marseille, il écoulait ses oiseaux avant de reprendre le bateau pour Dakar.

Cette activité lui vaut une reconnaissance internationale. Car, au premier voyage, avant qu'il n'atteigne les rives de l'océan Atlantique au Port de Dakar, les journaux français avaient déjà commencé à s'intéresser au cas de Amadou Diallo. Des articles de presse sont faits sur lui. La légende de «Diallo Pithie» est en construction. La plus grande oisellerie au monde prend forme au Sénégal avec un «stock permanent de 100 mille paires d'oiseaux», confie Alassane Diallo. Les commandes affluent. Du Japon, des Etats-Unis, de l'Europe. Avec en prime, une culture de chasseurs d'oiseaux qui se répand dans la campagne au Sénégal grâce à Diallo. Les affaires marchent pour Amadou Diallo, mais aussi pour les paysans qui voient de moins en moins les oiseaux détruire leurs champs.

Quand la voiture de Senghor s'est embourbée

L'activité de Diallo suscite un intérêt chez le Président Léopold Sédar Senghor qui a eu écho de ce Foutanké qui a séduit l’Europe. Et le chef de l’Etat de décider d'aller visiter l'oisellerie à Thiaroye. Après sa visite, le Président était admiratif et émerveillé. Alors, tous les week-ends lorsqu'il allait à Popenguine, il passait d'abord avec sa famille admirer les oiseaux avant de continuer sa route», rappelle Alassane Diallo, dans sa demeure adossée à l'océan Atlantique, à Petit Mbao. C'est d'ailleurs durant l'une de ses visites de Senghor que débute l'histoire de la célèbre route de Thiaroye, «Tally Diallo». «Un jour, alors qu'il venait comme d'habitude admirer les oiseaux, la voiture du Président Senghor s'est embourbée. Et pour ne plus vivre cette mésaventure, le chef de l’Etat décide alors de construire une route qui mène à l'oisellerie.» Cette route, porte le nom de Diallo. Malgré cette reconnaissance, à Thiaroye les rapports de «Diallo Pithie» avec ses voisins ne vont pas changer. Tous continuaient à le toiser et à le regarder d'en haut. Personne ne pouvait comprendre que des bâtiments en durs puissent être construits juste pour abriter des oiseaux alors qu'à côté, d'autres habitants de Thiaroye vivaient dans des baraques. Même si, plus tard, il a construit plusieurs maisons qu'il a offertes à des habitants de Thiaroye. Sans compter les mosquées.

Diallo et le poisson du restaurant

Son business devenu florissant, «Diallo Pithie» ne cessait de voyager à travers le monde à la rencontre de ses partenaires. Illettré, il se faisait accompagner par ses enfants dont certains ont fait des études supérieures en Europe. C'est justement en compagnie de l'un d'eux, Alassane Diallo, qu'il avait vécu une histoire que le fils se plaît à raconter. «Lors d'un de ses voyages, le vieux décide de déjeuner dans un restaurant à Paris. Avec au menu du poisson. A la fin du repas, «Diallo Pithie» a failli s'arracher les cheveux lorsqu'on lui a présenté l'addition. Il a presque bondi de sa chaise. Le prix qui lui a été fixé pour le poisson était exorbitant. Cela lui fait dire que si le poisson est si cher en Europe, les Sénégalais qui ont une côte poissonneuse peuvent faire une bonne affaire», confie Alassane Diallo. C'est à son retour que «Diallo Pithie» va investir dans le secteur de la pêche, en dépit de l'ostracisme des Toubabs qui contrôlaient à l'époque toute la toute la flotte sénégalaise.

Des obstacles et des croc-en-jambe, il en a subi de la part de ces «Toubabs» qui n'ont pu hélas l'empêcher de disposer au summum de son activité. Avec une flotte riche de 14 bateaux de pêche et de deux autres bateaux de transport maritime, Amadou Diallo s'impose à travers sa Société de pêche sénégalaise (Sopesea). Les Européens désabusés multipliaient les coups bas. Sa production est boycottée. Lui, comme pour les narguer, alignait les succès allant même jusqu'à se payer le luxe de diversifier encore ses activités en se lançant dans l'horticulture. Chaque obstacle est un défi pour «Diallo Pithie» qui n'a jamais voulu baisser les bras jusqu'au jour où il reçut la visite de la grande faucheuse. C'était le 05 mai 1998 à l'âge de 80 ans.

SOURCE : L’OBS ALA.SSANE HANNE via Xibar

PiccMi.Com

Vendredi 26 Août 2011 - 23:23



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