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KOUNOUNE : A LA DECOUVERTE DU MYTHE FONDATEUR DU PLUS ANCIEN VILLAGE DE DAKAR





KOUNOUNE : A LA DECOUVERTE DU MYTHE FONDATEUR DU PLUS ANCIEN VILLAGE DE DAKAR
Jadis, il suffisait que malheur s’abatte sur un village pour en trouver un autre. Et c’est comme ça que nos grands-pères ont migré, de village en village, à la recherche d’un havre de paix. Et c’est comme ça aussi que plusieurs villages ont été créés, dont l’un des plus anciens de la région de Dakar, Kounoune. «Le Populaire» est allé à la découverte de ce village traditionnel lébou vieux de plus de 500 ans pour mieux comprendre son histoire.

Situé dans la communauté rurale de Bambilor entre Keur Ndiaye Lô et Keur Daouda Sarr, Kounoune fait partie du département de Rufisque. Kounoune aurait été fondé par les Lébous dans leur migration du Nord vers le Sud-Ouest du Sénégal. Il est considéré comme le «grand parent » de tous les villages dakarois.

KOUNOUNE, UN VILLAGE VIEUX DE PLUS DE 500 ANS

En effet, il y a de cela très longtemps, très, très longtemps même, du temps où nos grands parents croyaient fortement à l’existence de forces occultes et surnaturelles, il y a de cela plus de 500 ans, raconte le troisième imam de Kounoune, le vieux Gorgui Samb, que ce village a été créé. La création de ce village traditionnel lébou est liée aux déplacements récurrents des anciens. Déplacements qui s’expliquaient par le fait que nos anciens étaient très ancrés dans la tradition. «Chaque fois qu’il avait un décès, incendie ou épidémie, les gens déménageaient vers un nouvel lieu par peur d’être la prochaine victime. C’est pourquoi les anciens se déplaçaient régulièrement à la recherche d’un havre de paix», indique le vieux Gorgui Samb qui révèle qu’à l’époque, ce site, considéré comme une zone religieuse où la principale activité des populations était l’apprentissage du Coran, l’agriculture et l’élevage, ne comptait pas plus de dix concessions. Cela, contrairement à aujourd’hui où plus de 4 000 âmes y vivent.

KOUNOUNE, POINT DE RENCONTRE DES LEBOUS

«Kounoune est un village très ancien, vieux de plus de 500 ans. Il est plus âgé que Dakar, Rufisque, Mbao. Il représente le plus ancien village de Dakar. Ces fondateurs sont des Lébous en provenance de l’île de crête», renseigne vieux Gorgui Samb qui ne manque pas de préciser que les premiers habitants de ce village sont des Toucouleurs et des Lébous qui se nommaient Samb, Mbengue, Seck, Ndoye. Ces derniers, fait savoir Gorgui Samb, étaient auparavant de passage au Fouta et au Djolof.
«Puisqu’ils ne s’entendaient pas bien avec le Bourba, ils ont quitté Djolof pour aller s’installer à Diender. Et c’est à Kounoune qu’ils se sont regroupés pour se diriger vers la presqu’île du Cap-Vert. Les Samb avaient pris la direction de Ngor, les Seck de Mbao, les Mbengue de Yoff et les Ndoye, dont Momar Ndoye et Gossy Gakou, de Rufisque», raconte le 3eimam de la mosquée de Kounoune.
«En 1886, ajoute le vieux, les Lébous ont fait une assemblée générale pour former la République léboue. Ils ont fait de Dakar, Kounoune, Guérew et Rufisque ou Mbao leur capitale. Kounoune est le point de rencontre de tous les Lébous.

Chaque Lébou a un ancien qui est passé par Kounoune. Donc, tous les Lébous de Dakar sont passés par ce village».

DEUX HOMMES ET UNE FEMME A L’ORIGINE DE SA CREATION

Remontant un peu plus loin dans l’histoire, El Hadji Malick Samb, chef de village de Kounoune de confirmer l’ancienneté de ce village qui recoupe plus de 5 siècles d’histoire. En sus de cela, le chef de village de préciser que c’est deux hommes et une femme qui sont à l’origine de la création de ce village. «Certains pensent que Kounoune est fondé par les Ndoye, dont Ngagne Ndoye. Alors que c’est Aly Sonko Guèye, Ndiongane Ngoné Guèye et leur Soeur Amadjiguène Guèye qui en sont les fondateurs. Ils sont les premiers à habiter cet endroit », révèle le vieux.

Leur histoire est relatée comme suit par l’octogénaire : «Mes grands parents m’ont raconté que ces trois personnes, accompagnées de leur chien, en quête d’une terre meilleure, sont arrivés un jour dans un endroit qui se trouve actuellement non loin du village. Et, sous l’ombre d’un arbre, ils se sont arrêtés pour se reposer. Leur chien qui était parti se promener est arrivé un poisson entre ses crocs».

«D’après ce que l’on m’a raconté, le poisson provenait d’une rivière qui se trouvait dans une brousse qu’on appelait Mboul. Quand le chien a apporté le poisson, les trois voyageurs ont décidé de suivre les pas de l’animal qui les ont guidés jusqu’à la rivière où le poisson a été pêché. Une fois à la rivière, ils ont été attirés par un arbre qui avait pour nom ‘Ounoune’. Ils ont décidé de s’installer dans cet endroit où se trouvait cet arbre», narre-t-il en précisant que «c’est l’appellation de cet arbre, ‘Ounoune’ qui a donné à Kounoune son nom».

PARTAGE ENTRE MYSTICISME ET MAITRISE DU CORAN - KOUNOUNE FUT L’UN DES VILLAGES LES PLUS REDOUTES

Kounoune était très redouté à cause de ses sites mystiques réputés très dangereux. En effet, raconte le chef de ce village, avant leur reconversion à l’islam, les anciens avaient leurs secrets dans les sites nommés «Toundou Taali», «Radji» et «Bawba». Ces sites mystiques étaient les zones des païens. Mais, rassure le vieux, «aujourd’hui tout cela est révolu. Car, aujourd’hui, notre croyance religieuse (Ndlr : l’islam) ne permet plus de se livrer à certaines choses qui pourraient porter préjudice ou malheur à des êtres humains». Sur ce, il fait savoir que l’un des chefs de village, les plus célèbres de Kounoune, était Amayor Samb. «D’après certains, avant lui, Kounoune a connu six chefs de village, mais Amayor est le plus célèbre. Il était redouté par tous les Blancs et tous ses pairs à cause de sa connaissance et de ses pouvoirs mystiques», souligne le 3e imam de la mosquée de Kounoune, Gorgui Samb. Le dignitaire de signifier, comme pour montrer comment Amayor Samb était craint des Blancs qui n’ont jamais osé, durant son règne, entrer dans le village. «Chaque fois que les Blancs venaient à Kounoune, ils n’osaient pas entrer. Ils s’arrêtaient à l’entrée du village pour le rencontrer et régler leur problème et puis s’en aller», narret- il, tout en soulignant que c’est la mystique qui a toujours entouré l’histoire de Kounoune qui fait que jusqu’à présent, il est l’un des villages les plus appréhendés.

«CE VILLAGE A TOUJOURS ETE LA LOGE DE GRANDS HOMMES, AVEC DES CONNAISSANCES CORANIQUES EXCEPTIONNELLES»

Village traditionnel lébou, Kounoune avait eu la chance de regorger de références telles que El Hadji Demba Samb, Moussa Wade, entre autres érudits. Ces derniers se distinguaient des autres par leurs qualités, dont la maîtrise du Coran, le travail dans les plantations, le sens de la responsabilité, la générosité et la solidarité. «Ce village a toujours été la loge de grands hommes avec des connaissances coraniques exceptionnelles. Des gens qui ont fréquenté les écoles coraniques de Coki, Tivaouane, Saint- Louis, Diamal, Bargny», révèle Gorgui Samb, 3è imam de la mosquée de Kounoune. Selon le vieux Gorgui Samb, ces gens s’activaient dans l’éducation coranique, l’agriculture et l’élevage. Ils étaient les mieux placés dans la culture maraîchère. «Avant, il n’y avait pas de fonctionnaires dans cette zone. La population ne pensait même pas à d’autres métiers ou même à aller fréquenter l’école des Blancs ou l’armée. Pour eux, c’était une perte de temps qui menait vers un retard que personne ne pourrait rattraper. Et tout ce qu’ils ont eu, c’est grâce à l’agriculture», indique l’imam.

Le Populaire

PiccMi.Com

Mardi 19 Août 2014 - 08:18



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