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LA BANQUE MONDIALE AUSSI



Makhtar Diop révèle que l'institution de Bretton Woods dont il est le vice-président pour l'Afrique est, aux côtés du PNUD, associée à l'exécution du PUDC



Après le PNUD, c'est la Banque Mondiale qui devrait être associée à l'exécution du Programme d'urgence de développement communautaire (PUDC). Du moins, c'est la confidence que Makhtar Diop a faite à l'Envoyé Spécial de Sud Quotidien à Beijing en Chine. Premier africain francophone à occuper le poste de vice-président Afrique de la Banque mondiale en mai 2012, l'ancien ministre de l'Economie et des Finances sous Abdoulaye Wade, est également revenu sur le Plan Sénégal Emergent. Selon lui, "le PSE, est une volonté d'une transformation structurelle de l'économie sénégalaise". Sportif dans l'âme, l'ancien champion du Sénégal en athlétisme (100 m et 4X100), en karaté et en natation est revenu sur le départ de Lamine Diack de la tête de l'IAAF et l'entrée de Mamadou Diagna Ndiaye dans le Comité international olympique (CIO).

Le président de la République, Macky Sall a annoncé un Programme d'urgence de développement communautaire (PUDC). Que vous inspire un tel programme ?

Le travail que la Banque mondiale a eu à faire au niveau du continent africain, mais aussi des autres continents, a démontré que si nous n'avons pas des structures au niveau décentralisé, qui ont la capacité de mettre œuvre et de rendre des services de qualité aux populations, nous ne réussirons pas à réduire les inégalités. Un des ouvrages qui ont le plus marqués cette année, la question économique, c'est celui de Thomas Piketty (Le Capital au XXIème siècle, Seuil 2013, Ndlr). Il a mis beaucoup de données à notre disposition pour qu'on comprenne que les questions d'inégalités sont essentielles pour le développement. On ne peut pas parler tout simplement de croissance sans parler d'inégalité. Et quand on parle d'inégalité, dans le contexte de notre pays, on parle de décentralisation, de capacité à donner aux structures locales le pouvoir, rendre service aux populations. Donc, tout projet qui entre dans ce sens sera important. C'est dans ce cadre que nous discutons ici, entre amis et collègues, de la possibilité de faire entrer le sport dans cette dimension. Parce que le sport permettra certainement de fixer les populations jeunes dans les espaces ruraux.

Mais le fait de confier l'exécution du PUDC au PNUD a soulevé un grand débat au Sénégal. Que pensez-vous de cette externalisation ?

Le PNUD est en train de mettre en œuvre une partie du programme. Lors de mon dernier passage à Dakar aussi, le Chef de l'État (Macky Sall, Ndlr) m'a indiqué qu'il voudrait que la Banque Mondiale s'associe à ce programme et le supporte. Je crois qu'il y a de l'espace pour tout le monde, aussi bien pour le PNUD que pour la Banque mondiale. Il y a de l'espace pour tout le monde. Le plus important, c'est de travailler, à travers ce programme particulier ou à travers d'autres programmes, à ce qu'on puisse renforcer nos capacités, au niveau des structures décentralisées. Mais surtout avoir le minimum d'infrastructures dans le monde rural pour pouvoir fixer les populations rurales. Parce qu'il ne s'agit pas seulement d'avoir une agriculture qui croît. Mais, il faut aussi des services de base, notamment au niveau de la santé, une éducation de qualité pour que les gens restent en campagne. Les jeunes de la campagne ont de plus en plus de besoins qui sont similaires à ceux des populations urbaines. Si vous n'avez pas d'internet, de dispensaires qui fonctionnent, les gens vont continuer à envahir les villes. Et nous allons continuer à avoir les mêmes problèmes.

Quid du PSE ? Est-ce un plan qui peut véritablement mettre le Sénégal sur les rails de l'émergence ?

C'est un plan que les autorités sénégalaises ont mis en place. Nous, de la Banque Mondiale, ce que nous pouvons faire, comme institution, c'est de soutenir un plan qu'un pays a mis en place. Je crois que nous allons dans la bonne direction. Il y a des axes importants. Ma lecture du PSE, c'est que c'est une volonté d'une transformation structurelle de l'économie sénégalaise. C'est de dire: écoutez, nous avons une économie qui a un niveau de productivité bas et comment augmenter de manière systématique la productivité de cette économique, comment augmenter la compétitivité de cette économique, de manière à avoir une croissance dans la durée. Pas sur une année, voire deux années, mais sur des quinzaines d'années. Il y a une région dans le Sud de la Chine où nous sommes actuellement (l'interview a été réalisée le 29 août à Pékin), il s'agit de la région de Guangdong. Ils ont eu un taux de croissance annuelle de 15% sur 20 ans. Autrement dit, pendant vingt ans, ils ont crû annuellement de 15%. C'est ce qu'on appelle une transformation d'une économie. Donc, nous devons créer des conditions, sans peut-être arriver à ce niveau, mais pour obtenir des taux de croissance significatifs, dans la durée et qui permettent également d'avoir une transformation de nos matières premières pour avoir plus de valeurs ajoutées dans nos pays.

Faut-il avoir une préférence nationale dans l'attribution des marchés publics et dans l'exécution des projets ?

C'est un débat qui est très compliqué, cette question de préférence nationale ou pas. Je crois que le plus important, c'est d'être ouvert au monde. Parce que si nous fermons nos frontières au reste du monde, le reste du monde va fermer ses frontières vis-à-vis de nous. Dans ce cas de figure, nous risquons de perdre. Qu'il faille développer les capacités nationales, qu'il faille leur donner un coup de pouce, c'est important. Mais est-ce que ça prend une forme de préférence nationale ? C'est quelque chose à débattre.

Derrière la profession d'économiste, Makhtar Diop est aussi un grand sportif. Pouvez-vous nous parler de cette autre facette que beaucoup de sénégalais ignorent ?

J'ai eu l'occasion de pratiquer le sport à un niveau élevé. D'abord, j'ai commencé par le sport scolaire, UA SSU. J'ai été plusieurs fois champion du Sénégal en minimes et cadets. Puis, junior sur 100 mètres, mais aussi en sauts en hauteur et en longueur. Quand j'étais cadet, j'ai été surclassé en senior où j'ai été champion du Sénégal sur 4X100 mètres. En natation aussi, j'ai été champion du Sénégal en minimes et cadets. Quand je suis parti poursuivre mes études en France, j'ai été au Paris université club. J'ai été alors obligé d'arrêter l'athlétisme à cause des hautes études qui ne le permettaient plus. J'étais avec les Moussa Fall N°1, El Hadj Dia Bâ. Nous étions tous au Jaraaf. Le président Lamine Diack et ses frères Magatte et Alioune étaient nos dirigeants. Par la suite, je me suis tourné vers le karaté. Là aussi, j'étais trois ou quatre fois, champion du Sénégal. J'ai été quart de finaliste aux championnats du monde à Budapest et au Caire. Vous comprendrez donc, que le sport est une partie intégrante de ma formation et de ma vie.

Lamine Diack a été votre dirigeant. Il a gravi les échelons jusqu'à prendre la présidence de la première discipline olympique. Que retenez-vous de l'homme ?

Simplement, un homme extraordinaire ! Il est d'une humilité qui m'impressionne tous les jours. Il a d'abord commencé chez-nous, au Sénégal, sur tous les plans, en économie, en sport où la fameuse réforme de 1969 porte son nom. Ici à Beijing, il a rendu tout africain fier. Quand il prenait ses responsabilités, il y avait beaucoup de préjugés, sur les capacités d'un africain à jouer le rôle qu'il a joué. Il a démontré au reste du monde qu'il était le meilleur dirigeant que l'IAAF n'a eu. Il a fait des réformes extraordinaires. Il a été un des précurseurs sur les questions du genre. Avant son arrivée, il y avait des épreuves féminines auxquelles les femmes ne participaient pas. Sans occulter la lutte contre l'Apartheid, les programmes de développement pour l'Afrique. Il a fait des choses extraordinaires qui ont non seulement marqué le monde sportif, mais aussi les relations internationales. Il est respecté par bon nombre de Chefs d'État et il a une capacité d'influencer. J'espère seulement que le Sénégal utilisera son immense expérience pour nous aider à faire du sport sénégalais ce qu'il fut et redorer son blason.

Nonobstant ces réalisations, une certaine presse occidentale, parle de scandales dans sa gestion, notamment sur les cas de dopage ?

Ce sont des broutilles. Le président Diack n'a rien à voir avec cela. Au contraire, il a joué un rôle de leadership dans la lutte contre le dopage. En plus, il a mis en place des centres d'entrainement qui ont permis à l'Afrique d'avoir des champions. Ce qui se passe au Kenya, en Ethiopie, en Afrique du Sud, n'est pas un hasard. Pour le reste, il s'agit de supputations, de commentaires de gens qui préfèrent s'appesantir sur des choses secondaires. Ce qui a été dit ne peut en aucun cas affecter sa réputation ainsi que son héritage.

Au moment où Lamine Diack quitte la présidence de l'IAAF, un autre sénégalais, Mamadou Diagna Ndiaye intègre le CIO. Que vous inspire cette élection ?

Il s'agit là d'un honneur pour le Sénégal. L'entrée de Diagna Ndiaye au CIO réjouit tous les Sénégalais. Mon cousin, Diagna Ndiaye, va faire un excellent travail. Je sais aussi qu'il va continuer à prendre conseils auprès de Lamine Diack, qui est un des Sénégalais qui connait le mieux le fonctionnement et le système du CIO. Je suis sûr que Diagna apportera ses idées pour influencer sur l'agenda. Un agenda qui devrait consister à aider le développement du sport en Afrique. Parce qu'en dernière analyse, nous africains, ce qui nous intéresse, c'est comment le sport de notre continent va être développé. Je lui fais confiance et je sais qu'il fera tout pour que la voix africaine soit entendue. Il peut aussi compter sur des sommités de notre sport au Sénégal et partout en Afrique. En tout état de cause, si le CIO veut continuer à faire les choses dans les règles de l'art, il doit veiller au développement du sport africain.

SudQuotidien

PiccMi.Com

Jeudi 3 Septembre 2015 - 12:10



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