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LE PEUPLE LEBOU A TRAVERS LES AGES: « Mémoire des Peñc et Villages de Dakar »



Dans la préface du livre d’Armand Angrand intitulé « Les Lébous de la Presqu’île du Cap Vert », G. Poirier, Gouverneur de la Mauritanie, a fait ce témoignage : « L’histoire de la Collectivité Lébou mériterait d’être connue de tous les français de France qui veulent servir Outre mer. Ils se rendraient alors compte que la civilisation noire n’est pas niable et ils verraient comment une petite République africaine a pu naitre et prendre conscience de sa force morale. C’est tout à l’honneur de la France et de ses premiers représentants d’avoir traité avec cette République des Lébous et d’avoir entretenu immédiatement avec elle des relations cordiales (…) et si j’avais le droit de donner conseil aux jeunes Lébous ce serait de rester fidèles aux traditions Lébou et par conséquent de toujours honorer et respecter leurs ainés dont la sagesse et l’expérience ont fait d’eux ce qu’ils sont. »



LE PEUPLE LEBOU A TRAVERS LES AGES:  « Mémoire des Peñc et Villages de Dakar »
En effet, la culture Lebu occupe une place de choix dans le paysage culturel sénégalais arc en ciel. Aujourd’hui, ce riche patrimoine est en train de se perdre chaque jour un peu plus. On ne sait plus faire la différence entre un Peñc et un quartier, on ne sait plus ce qu’est un Seriñ Ndakaru, un Ndey Ji Rew, un Jaraaf, un Saltige… On oublie que la Collectivité Lebu était une République bien avant la France. On oublie qu’elle était démocratique, ouverte au monde et généreuse… Alors, il est temps de se souvenir. Se souvenir pour ne plus oublier. Cet enracinement dans nos valeurs traditionnelles sera pour nous comme une digue protectrice contre les méfaits de la mondialisation et nous permettra de mieux nous ouvrir aux valeurs du monde moderne. Car un peuple a besoin de mémoire pour ne pas se perdre, tout comme il a aussi besoin de fêtes pour marquer le temps et se réjouir.

Un périple de plusieurs millénaires

La Presqu’île du Cap Vert est la pointe occidentale du continent africain. Le nom Cap Vert, Cabo Verde en Portugais, lui a été donné en 1444 par le navigateur Denis Dias fasciné par la luxuriance de cette partie du Sénégal qui a abrité de 1902 à 1959 la Capitale de l’Afrique Occidentale Française (AOF), et qui accueille depuis 1958 la Capitale sénégalaise. Sans oublier la parenthèse de la Fédération du Mali, du 17 Juin 1959 au 20 Aout 1960.

Les Lebu ont baptisé la contrée Ndakaru, Dakar, il ya de cela plus de 5 siècles. Une opinion très populaire dit que Ndakaru vient de « daqaar gi » (le tamarinier). Mais, selon le Ndey Ji Rew, Alioune Diagne Mbor, il vient de « dëkk raw » qu’on peut traduire par « le refuge », « l’asile de paix », ou, littéralement, « qui s’y installe est sauvé ». Quant au nom Lebu, il vient, d’après l’Imaam Ratib, Alioune Moussa Samb, de « lebukaay ba » qui signifie « le lieu où l’on emprunte ». Car la Presqu’île du Cap Vert était généreuse, ses mers poissonneuses ; et, en période de soudure, les populations de l’intérieur du pays venaient y contracter crédit. Une autre version dit que Lebu vient de « léeb » qui signifie « conte » ou « conter », ou bien de « léebu » qui signifie « parler en image », « faire des devinettes » ou « poser des énigmes ». D’autres versions existent dont celle qui dit que Lebu signifie défi, volonté d’indépendance et viendrait du mot « lubu » qui veut dire « guerrier belliqueux ».

Une opinion assez sérieuse parle de l’origine lybienne des Lebu. Lybia signifie, en effet, « pays des Lebu », selon le Pr Ki Zerbo. Et Cheikh Anta Diop de dire que « les égyptiens anciens désignaient du nom de Lébou les riverains de la Cyrénaïque actuelle à l’Ouest du delta du Nil ». Donc, avant leur installation à la pointe occidentale du continent africain, un périple de plusieurs millénaires qui se fit en plusieurs étapes, aurait mené les Lebu des rives du Nil aux rives du Sénégal, en passant par le Nord du continent. Un long parcours qui, selon Djibril Samb, Notable à Waakaam, aurait façonné un type d’homme pétri de valeurs dont Mgr Benoit Truffet, Chef de mission des côtes occidentales d’Afrique, parle en ces termes dans une célèbre missive : « la droiture, la probité, le respect pour le mariage, la soumission des enfants aux parents, leur affection pour leur père, l’hospitalité patriarcale des wolofs contrastent avec les mœurs des Européens. Le meurtre, le vol et la fraude sont des choses inouies dans la Presqu’île du Cap Vert ».

Quoi qu’il en soit, c’est de Jolof essentiellement que les Lebu sont venus habiter la Presqu’île du Cap Vert, vers fin 14ème, début 15ème siècle, selon certaines sources. Dans son ouvrage intitulé « Le peuple lébou de la Presqu’île du Cap Vert », le Pr Assane Sylla rappelle que « la tradition orale signale la présence des ancêtres des Lébou dans le Sud du Sahara et sur la boucle du fleuve Sénégal ». Après avoir franchis le fleuve, ils séjournèrent dans le Tekruur puis dans le Waalo avant de descendre vers le Jolof, d’où, sur recommandation de leur « Tuur » (génies protecteurs), ils descendront vers la Presqu’île où, selon les oracles, « les attendaient le bonheur et la prospérité ». Mais le Cap Vert n’était pas une terre inhabitée. A leur arrivée, les Lebu trouvèrent sur place les Soocé (Mandingue) qui, après une bataille où ils perdirent leurs chefs Malang Tamba et Diallo Diaw, se retirèrent vers la Gambie.


Assis, de droite vers la gauche : Moussé DIOP (Serigne Ndakarou), Allié Codou NDOYE (Jaraaf), Mbor DIAGNE (Ndey Djirew), Ibrahima DIOP (Serigne Ndakarou), Mbaye SYLLA (Khaly), Amadou Lamine DIENE (Imam Ratib)
Assis, de droite vers la gauche : Moussé DIOP (Serigne Ndakarou), Allié Codou NDOYE (Jaraaf), Mbor DIAGNE (Ndey Djirew), Ibrahima DIOP (Serigne Ndakarou), Mbaye SYLLA (Khaly), Amadou Lamine DIENE (Imam Ratib)
Le Pr Assane Sylla rappelle, dans son ouvrage précité, que « dès qu’ils se sentirent en sécurité dans la Presqu’île, les Lébou se dirent qu’ils étaient installés sur leur terre promise par les « Tuur ». Ils leur manifestèrent leur reconnaissance en leur faisant le serment d’accueillir et de protéger tout fugitif qui viendrait chez eux ». Et, effectivement, des vagues d’immigrants (toucouleurs, peulhs, sérères, etc.) affluèrent vers la Presqu’île, fuyant le despotisme de certains rois dont la folie sanguinaire était, semble-t-il, exacerbée par la présence des négriers d’Europe, chasseurs d’hommes avides d’or et de pouvoir. Mais les Lebu respectèrent le serment fait à leurs « Tuur ». Tous les nouveaux venus étaient accueillis, installés et intégrés à la Collectivité. Une ligne budgétaire de la République était destinée à cette politique d’intégration, indique le Ndey Ji Rew, Alioune Diagne Mbor. Tout ceci fait dire à l’Imaam Ratib, Alioune Moussa Samb, et au Notable, Ngouda Souaré, que les Lebu ne sont pas une ethnie et que la « lébouité » est un comportement, un état d’esprit démocratique ouvert aux mondes (visibles et invisibles), refusant l’arbitraire, l’oppression et la servitude. Cette opinion est confirmée par le Griot-historien, Mbaye Thiam, qui dit, dans son « Entretien sur l’histoire des Lébous de la Presqu’île du Cap Vert », parlant de l’occupation de la Presqu’île par les Lebu : « Il s’agit d’une migration par petits groupes de familles appartenant à toutes les ethnies du Sénégal ». Le Jaraaf Falla Fouré Aïssa Paye, ne disait-il pas, selon Mbaye Diagne, Responsable Moral des « Rak Mbay » de Cëddéem : « Toute personne qui dépasse les limites de la forêt dite « Allub Kaañ » et accepte de se conformer aux lois et règlements que notre peuple s’est librement choisi, sera considérée comme un Lebu à part entière ».

Des étapes de l’installation à l’indépendance

Après Béerum Calaan et les premiers villages de Mbijëm, Jànki Malikunba et Cëddéem dans le Jànder (limite Est du Cap Vert), en passant par Kuunun, Barñi, Tënggéej, Mbaaw, Yëmbël, Caaroy et Cuurum situé vers Kër Massar, … il ya l’étape charnière de Mbuxeex, village que le Jaraaf de Ngor, El Hadji Saliou Samb, situe au niveau du site actuel du stade Léopold Sédar Senghor et alentours et où les Lebu auraient vécu 105 ans, selon Matar Siby, chef du Peñc de Guy Salaan ; et d’où tout serait parti. En effet, lorsqu’une épidémie de « nelawaan » (maladie du sommeil) s’abattit sur Mbuxeex, ses habitants le quittèrent en trois groupes :

Le premier groupe fonda Yoof (de Yeew fi : attacher ici) fief des Mbengue ou Mbenga et terre d’élection de Mame Ndiaré (génie protectrice de la cité) d’où retentira quelques siècles plus tard l’appel de Seydina Limamou Laye ; ensuite Ngor (la dignité), fief de Thialaw Ndéthiou Samb ou Samba confident du génie tutélaire Mame Gorgui Basse ; enfin Waakaam (de wa kamba ga : ceux de la cuvette) fondé par les Guèye avec la bénédiction de Mame Youmbour Yaté. Ces 3 villages (Yoof, Ngor et Waakaam) sont appelés « Tank » (pied). Parce que, dit Ndiaga Samba, Président de l’« Association des Jeunes Lébou », les habitants de ces localités étaient passés maîtres dans l’art des randonnées pédestres. Le deuxième groupe fonda Beeñ qui signifie « sable fin de plage » sur la plage de Yaraax (la transparente). Enfin, le troisième groupe, qui, en fait, n’est qu’un prolongement du premier, fonda le village de Sumbejun ou Sambajun d’où se perçoivent les îles jumelles appelées « Wër » (îles des Madeleines), demeure du génie protecteur de Dakar dont le nom n’est connu que par les initiés et que l’on appelle communément, selon le Ndey Ji Rew Alioune Diagne Mbor, « Ki Dëkk Wër » (celui qui habite Wër ) ou Ndëk Dawur.

Ces deux derniers groupes (celui de Beeñ et de Sumbejun) ne tardèrent pas à se déplacer vers la pointe Sud Ouest de la Presqu’île à Bëñul (situé vers l’Anse Bernard et le Cap Manuel) ; avant d’occuper toutes les terres de Tund (le centre ville actuel alors occupé par les dunes : tund). Ce fut la création des Peñc, ces villages mythiques dont les Lébu se considèrent comme les fils (doomu peñc) ; et qui sont actuellement au nombre de 12, dont 6 au Plateau (Cëddéem, Mbot, Yaq Jëf, Kaay Findiw, Guy Salaan, Hok), et 6 à la Medina (Sañcaba, Cëriñ, Mbakkënë, jekko, Ngaraaf, Kaay Ousmane Diéne).

Avec l’éclatement du Grand Jolof en 1549, le Kayoor recouvrit son indépendance. S’ouvrit alors une période marquée par les visées expansionnistes des Damel en direction de la presqu’île du Cap Vert alors suffisamment peuplée et riche. Les Lebu durent mener plusieurs batailles, dont celle de Barñi contre le Damel Amary Ngoné Ndéla, celle de Pikin contre le Damel Lat Soukabe Ngone Dièye, celle de Yoof contre Diambor et celle contre Biram Diodio Sambel Diouma Ngoor. L’indépendance de la Presqu’île fut reconnue par le Damel Amary Ndella Coumba en 1790, suite à la bataille de Lofe entre Mbijëm et Tayba. Un traité de paix fut signé avec Birima Fatim Thioub, son successeur. Thierno Diop, dit Dial Diop, fils de Ngoné Mbengue Tagoulé et de Massamba Koki Diob, dit Témour, fut élu premier Seriñ Ndakaaru.


Assi,s de droite vers la gauche : Doudou GUEYE Amineta SAMB  (Président des Freys), Mbaye NDIAYE AÏTA  (Ndeyi Jambour), Alioune DIAGNE MBOR  (Ndey  Djirew), Pape Alioune Moussa SAMB  ( Imam Ratib Khaly), Ngouda SOUARE  (Notable), Bamar DIAGNE  (Imam de Ouakam)
Assi,s de droite vers la gauche : Doudou GUEYE Amineta SAMB (Président des Freys), Mbaye NDIAYE AÏTA (Ndeyi Jambour), Alioune DIAGNE MBOR (Ndey Djirew), Pape Alioune Moussa SAMB ( Imam Ratib Khaly), Ngouda SOUARE (Notable), Bamar DIAGNE (Imam de Ouakam)
Des relations amicales s’établirent à partir de 1817 entre les Français établis à Gorée et les Lebu. Des traités furent signés entre les représentants de la France et ceux de la République Lebu. D’abord le traité du 10 Octobre 1826, réglementant les interventions lors des fréquents naufrages de navires sur les rocheuses et tumultueuses côtes dakaroises. Ensuite celui du 22 Avril 1830, concernant des révisions de taxes et impôts que les Français payaient aux Autorités de la Presqu’île. Enfin celui du 10 Août 1832 cédant aux Français un terrain à la Pointe de Bel Air pour accueillir un cimetière.

En vérité, les Autorités françaises respectaient les Lebu pour leur courage, leur esprit d’ouverture et leur sens aigu de la diplomatie grâce auxquels ils ont pu arracher leur indépendance au Kayoor et la conserver jalousement malgré les menées des Damel et les ruses d’hommes d’affaires français frustrés par la suprématie des populations autochtones. Mais, par ces traités, ils réussirent un processus de colonisation « en douceur » qui leur permit de s’installer de manière effective en territoire Lebu sans que ces derniers ne comprennent ce qui leur arrivait.

La colonisation et l’occupation des terres

Ce fut le matin de Korité du 25 Mai 1857. Alors que les Lebu croyaient à une visite amicale, voici ce qu’écrivait le machiavélique Capitaine de Vaisseau, Protêt, Commandant Supérieur de Gorée, au Ministre de la Marine : « J’ai profité, pour faire acte de possession, du jour du Ramadan qui est pour la population indigène de la Presqu’île la plus grande fête de l’année. J’avais donné aux principaux chefs un pavillon qu’ils ont arboré sur leurs cases, de telle sorte que les coups de fusil, les danses et les habits de fête de tous ces noirs ont autant célébré la domination française que la fin de leur carême. » Et Claude Faure de témoigner : « Pendant 40 ans, (1817-1857), les relations entre Gorée et la Presqu’île du Cap Vert furent celles qui existent entre deux puissances étrangères». Hélas ! était venu le temps de la compromission pour le fier peuple Lebu, car les Français étaient devenus les plus forts. Et ils fixaient désormais les règles du jeu. Mais, par stratégie, ils laissèrent aux chefs de la Collectivité Lebu leur autorité traditionnelle et une partie des droits dont ils jouissaient avant l’occupation.

Dans un premier temps donc, la priorité des Français était de réaliser leur vieux rêve d’occupation des terres du Haut Plateau de la Presqu’île. La politique d’acquisition par l’achat et la location ne suffisant pas à la réalisation de ce rêve, ils eurent recours à la réquisition avec indemnisation compensatrice. C’est pourquoi, l’épidémie de fièvre jaune de 1900 fut pour les Français une aubaine. Ils purent, arguant les mesures sanitaires, délocaliser une bonne partie des populations autochtones de cette zone stratégique. En 1905, la Convention dite de Bëñul, dont la publication souleva des vagues de contestations chez les Lebu, fut l’occasion pour les Français de s’emparer de deux vastes terrains propriétés commune de la Collectivité Lebu, et situés à Bëñul et Tund. En 1914, une épidémie de peste éclata au mois de Mai. Et les populations autochtones, à nouveau, furent appelées à se déplacer vers Tillèn (repère de Till : chacal) que les français ont voulu baptiser Ponty-ville. C’est grâce à l’intervention du Marabout, El Hadji Malick Sy, qui donna au site le nom de « Madinatul Munawara » (Médina), en souvenir à la Ville Sainte qui accueillit le Prophète Mohamed en 622, qu’une bonne partie de la population autochtone se résigna au déplacement. Mais ce déplacement/exil fut stoppé net suite à 3 évènements qui émoussèrent l’ardeur des colonisateurs. D’abord une révolte qui éclata au Peñc de Kaay Findiw où plus de 5000 personnes armées, dirigées, entre autres, par le Ndeyi Jàmbur Youssou Bamar Gueye, étaient prêtes à en découdre avec les bruleurs de cases et leurs mandants. Ensuite une intervention mystique du Jaraaf Farba Paye face aux 3 émissaires blancs venus lui parler de déguerpissement. Selon son petit-fils, El Hadji Ibra Paye, actuel Jaraaf, il leur fit voir le saignement du kaïcédrat géant du Peñc de Mbot et entendre le bourdonnement des abeilles gardiennes de la cité… Enfin, l’élection de Blaise Diagne, en mai 1914, à l’Assemblée Française. Le « premier député noir » obtiendra en 1927 que le terrain de Tund revienne à ses propriétaires légitimes qui considéraient l’avoir mis en location et non l’avoir vendu.

Organisation politique et administrative

La société Lebu est organisée en branches matrilinéaires appelées « Xeet ». On peut citer les branches suivantes : Waneer (astucieux), Jaasiraatu (sabreurs), Xonq Bopp (fomenteurs de troubles), Sumbaar (éclaireurs), Xaagaan (chargé du ravitaillement), Dombuur ou Yookaan (candides), Teetof (héritiers des fondateurs Beeñ), Yuur (froid, distant), Xaay (vindicatifs)…

Les Lebu veillaient toujours à ce que les différentes fonctions politico-administratives soient distribuées à des lignées différentes, afin d’éviter une concentration des pouvoirs entre les mains d’une même famille. Ainsi vécurent-ils (bien après la fondation des premiers villages dirigés par des Laamaan qui avaient à leur tête des Maafaan) avec comme principales fonctions le Jaraaf qui est le Chef de Village, le Ndeyi Jàmbur qui est le Président de l’Assemblée des Jàmbur, le Saltige qui est le Chef de Guerre et le Ndey Ji Reew qui est le Maire, Porte Parole des Populations. Avec l’Islam, naquit, à l’heure de l’indépendance, la fonction de Seriñ Ndakaaru à l’origine chargé de rendre la justice selon le Coran. Après l’indépendance, les choses évoluant, les fonctions politico-administratives s’organisèrent en un véritable gouvernement où le Seriñ Ndakaaru devint le Président de la République, le Ndey Ji Reew, Premier Ministre, le Ndeyi Jàmbur, Président de l’Assemblée des Jàmbur, le Jaraaf, Ministre des Finances et de l’Agriculture, le Saltige, Ministre chargé de la Sécurité Intérieure et Extérieure, l’Imaam Raatib, Ministre du Culte, le Xaali, Ministre de la Justice, le Bargéej, Ministre de la Pêche et le Ndey Ji frey , Président de l’Assemblée des Frey.

Le Gouvernement de la République Lebu était (est toujours) assisté par une Assemblée législative composée de 36 Jàmbur agés de 50 ans ou plus à raison de 3 Jàmbur par Peñc. L’Assemblée des Frey (jeunes élus) prenait en charge la réalisation effective des décisions du Gouvernement ainsi que des grands travaux…

Bien des choses restent à dire sur le peuple Lebu. Bien des choses restent à décortiquer, à comprendre… Car beaucoup de changement se sont produits depuis … Alors, vivement que « le soleil levant irradie de ses rayons l’horizon Lébou, du Diander au Cap Vert, des rives de la Somone aux roches abruptes de Ngor l’inviolable », pour parler comme Armand Angrand.


ABDOU KHADRE GAYE
Ecrivain,Président de l’Entente des Mouvements et Associations de Développement (EMAD)
Tel : 33 842 67 36 / Mail : emadassociation1@gmail.com


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Dimanche 18 Septembre 2011 - 16:19



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1.Posté par paco le 18/09/2011 21:11

diadieuf abdou khadre, khamna louma khamoul woom deegatina deugeu. tu es un vrai maitre.

2.Posté par le grand le 19/09/2011 12:38

très bon papier.

3.Posté par kHADIM le 19/09/2011 12:53

beg si yaw

4.Posté par yayetop gueye le 19/09/2011 13:04

vraiment je suis très contentes je ne sais meme koi de dire trop emu ou on peu trouver le livrer abdou yalla vbi amme faye yalla nalla yalla faye contana tropetu es plus une maitre tu est un bibliotèque je te jure

5.Posté par kHADIM le 19/09/2011 13:13

merci mr gaye beg si yaw

6.Posté par emad le 19/09/2011 14:24

N.B : Cette contribution est un avant goût du livre sur lequel l’auteur (abdou khadre gaye) est entrain de travailler. Toutes les suggestions et apports sont bienvenus aux contacts susmentionnés.
« Mémoire des Peñc et Villages de Dakar » est le nom du Festival Lebu annuel organisé par l’EMAD.


7.Posté par Cheikhou Oumar gaye le 19/09/2011 18:12

On attend la sortie de ce livre avec impatience. Congratulations.

8.Posté par Landoye le 23/09/2011 19:26

Félicitation, Abdou Khadre, pour l'esquisse sur l'histoire des Lébous surtout de Dakar et pour votre réflexion et votre activité sur la culture en général.
Mais permettez moi de signaler qu'il est dommage que ceux qui font des efforts d'écriture sur l'histoire des Lébous de Dakar n'essaient pas de sortir des sentiers battus par le colon et ses affidés...
le contenu de cette contribution me semble parfois très contestable parce que n'étant pas le reflet de l'histoire des Lébous de "Beigne". Il s'y ajoute que certaines sources n'ont aucune légitimité à parler de l'histoire de Dakar. Enfin les textes font trop souvent la promotion de familles parfois usurpatrices au détriment de celles qui ont fait vraiment l'histoire de Dakar....D'une manière générale, il ya trop de choses que les Lébous continuent à répéter et qui défient même le bon sens.....à plus tard, et cordialement.

9.Posté par Idy Ndoye le 25/09/2011 12:48

Merci énormément de nous faire l'historique du peuple lébou qui est à mon humble avis est encore plus riche.Merci encore et nous attendons la suite

10.Posté par WADE laye le 25/09/2011 15:22

Tous mes remerciements pour le travail que vous venez d'accomplir. Il est très bénéfice car fédérateur pour la nation sénégalaise.

11.Posté par Falla le 26/09/2011 00:46

Cher ami et frère, toute la communauté léboue te doit une reconnaissance spéciale. Tu contribue, avec ceux qui t'accompagnent, à la valorisation permanente de la culture Léboue!!!!!!

12.Posté par etrangere le 02/10/2011 18:46

thank's abdou khadr je suis fiere d'etre leboue diarama gaye

13.Posté par cam le 14/11/2011 13:09

Merci de donner des informations aussi claires, n'y a t il pas d'autres xeet comme les dorobe? J'ai entendu dire que ces xeet etaient 12. Encore merci.

14.Posté par Binte Njawarr le 18/01/2012 06:07

Texte interessant qui renseigne plus sur l'origine et l'histoire des Lebous. Mais si l'on s'interesse aussi a @ Landoye, il serait alors temps que plus de specialistes approfondissent les recherches et qu'on puissent ainsi mettres a jour les amalgames et verites de l'histoire. Encore une fois bon travail Mr Gaye

15.Posté par gay mool le 31/01/2012 00:55

Ndeysaan, cosaan moo neex, jara ngeen jef way. J'aimerais avoir des renseignant sur l'origine des ndoy et des nyang.

16.Posté par diokoul le 06/02/2012 22:20

Diaradieuf fier d'etre lébou et merci pour ces information

17.Posté par ndiaye le 10/05/2015 16:54 (depuis mobile)

merci mr gaye j''aimerais vraiment connaitre l''histoire du village de kayar fonder par jaraaf mbor ndoye qui serait de kaay findiw merci

18.Posté par MARIE GUEYE le 29/09/2016 18:25

C'est avec une joie immense qui je pris connaissance de l'origine de mes ORIGINES!!!merci pour cette grande information pour nous qui par la volonté du SEIGNEUR sommes nés hors de notre patrie! encore merci papa!!!

19.Posté par lhomme de diander le 03/10/2016 23:42

Merci de faire la part des choses entre l'origine des lebous et l'organisation des lebous.

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