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Affaire des véhicules confisqués : Wade au volant de la confusion - La quasi-totalité des voitures payée avec l’argent public - L’ancien Président fait parquer 16 véhicules à Diamniadio à la veille de sa passation de services





Affaire des véhicules confisqués : Wade au volant de la confusion - La quasi-totalité des voitures payée avec l’argent public - L’ancien Président fait parquer 16 véhicules à Diamniadio à la veille de sa passation de services
L’histoire des véhicules qui font l’objet de polémique entre l’ancien président de la République et Macky Sall n’a pas encore fini de révéler ses secrets. Il s’agit d’une confusion entre des moyens acquis par un chef de l’Etat et son patrimoine personnel. Le Quotidien retrace les péripéties d’une acquisition.

Les relations entre Macky Sall et Abdoulaye Wade se détériorent de jour en jour pour des histoires de véhicules. A tel point que le «maître» menace d’attraire son «apprenti» devant le Tribunal pour entrer en possession de ce qu’il considère comme ses «biens automobiles personnels». Des sources bien informées confient qu’il s’agit de trois catégories de voitures. Pour la plupart, Ab-doulaye Wade et son gouvernement les avaient acquises durant la période pré-électorale marquée par des ma­ni­festations contre sa candidature «anticonstitutionnelle». Dans ce con­texte où l’opinion était surtout braquée par le comportement répressif des Forces de l’ordre, le ministère de l’Intérieur avait commandé 600 véhicules pick-up d’un montant global de 6 milliards de F Cfa. Selon un proche collaborateur de Abdoulaye Wade, «le gouvernement avait des difficultés à trouver un concessionnaire du fait que l’Etat devait payer après service rendu. Du coup, les fournisseurs spécialisés en la matière étaient réticents». Mais il se trouve qu’il y avait le patron de Tse, Cheikh Amar. D’après un membre du cabinet du staff de l’ex-Président, M. Amar a accepté de livrer la commande tout en sachant que l’autorité contractante incarnée dans le cas d’espèce par le ministre de l’Intérieur devait payer quelle que soit la couleur de la personne morale. Mais «Cheikh Amar n’est pas encore rentré dans ses fonds», souffle-t-on.
En tout état de cause, les 600 véhicules ont été affectés à des présidents de Conseil rural et des chefs de village. Outre ses attributions qui dégagent un parfum politicien, le ministre de l’Intérieur Ousmane Ngom en a renforcé les moyens logistiques de la Police, de la Gendarmerie et d’autres structures de l’Etat.

PATRIMOINE DU PALAIS OU DE WADE ?

Seulement, parmi les hautes institutions bénéficiaires de la commande, il y avait la présidence de la République. En effet, le Palais a bénéficié de 70 voitures. La plupart des voitures ont été utilisées durant la campagne électorale de l’élection présidentielle menée par le libéral en chef, Abdoulaye Wade. Le nouveau régime n’a pas trop peiné pour retrouver ces véhicules qui sont restés, pour la plupart, sous la responsabilité de structures étatiques.

La deuxième série de véhicules qui alimente la polémique concerne le parc automobile de la présidence de la République riche de 153 membres quand Abdoulaye Wade pliait bagages. Il faut dire que 76 d’entre eux ont été achetés auprès d’Espace auto de Serigne Mboup pendant la période pré-électorale. Ils ont été payés par chèque du trésor sur la rubrique «fonds politiques» du président de la Répu­blique. Ironie de l’histoire, Ab­doulaye Wade continue de les ré­clamer toutes griffes dehors, entretenant davantage la confusion entre fonds politiques et biens personnels du chef de l’Etat.

D’ailleurs, le secrétaire générale de la présidence de la République, Aminata Tall, lui a opposé un bras de fer en refusant de lui délivrer lesdits véhicules. Elle argue qu’il s’agit de biens de l’Etat acquis avec des fonds publics. Pour le moment, elle demeure inflexible sur cette question même si ces véhicules ont été immatriculés au nom de Abdoulaye Wade et non de l’institution présidentielle. Fort de ce constat, Me El Hadji Amadou Sall a saisi Mme Tall par «recours gracieux», comme le lui permet le droit administratif afin de lever la «confiscation» de ce patrimoine automobile par le Palais pour le compte de son mentor. Au-delà de deux mois sans réponse, il sera loisible à l’avocat libéral de saisir la justice.

LA PARTITION DE CHEIKH AMAR

Au total, ce sont 77 véhicules du Palais qui roulaient au nom de Ab­doulaye Wade. L’ancien chef de l’Etat soutient les avoir payés cash pour certains, par chèque tiré de son compte personnel pour les autres. Dans ce lot qu’il réclame, il y a des dons. Cependant, on peut s’interroger si des dons si importants reçus par un président de la République en exercice peuvent être enregistrés dans le registre personnel du chef de l’Etat. Qu’à cela ne tienne, Abdoulaye Wade a offert 48 des 77 véhicules à ses militants. Par conséquent, il lui restait dans ce qu’il considère comme son patrimoine automobile, 29 véhicules. Ils ont quitté le Palais avant la passation de service du 1er avril dernier avec l’onction du chef du garage du Palais. Ceux-ci sont répartis en deux lots. Un premier lot est de treize dont deux Maybach (Bmw). Le coût unitaire de cette marque tourne autour de 800 millions francs Cfa. Ici encore, Abdoulaye Wade défend mordicus qu’il jouit d’un don que lui avait fait l’Emir du Koweït durant le sommet de l’Organisation de la conférence islamique (Oci) que le Sénégal avait accueilli en 2008. D’où les interrogations sur le statut des cadeaux reçus par les chefs d’Etat. D’ailleurs, Abdoulaye Wade garde encore un de ces Maybach et a vendu l’autre à son ex-conseiller financier, Samuel Sarr. Celui-ci a reconnu l’avoir acheté. Et cette voiture a été pour beaucoup dans son audition par la Section de recherches de la gendarmerie de Colo­banne.

Les 16 véhicules ont été exposés dans l’entrepôt de la société Tse sis à Diamniadio. Le patron de cette entreprise, Cheikh Amar déclare avoir été sollicité par la présidence de la République avant la passation de service entre Abdoulaye Wade et son successeur pour le parking de ces véhicules. Il s’agit de 9 Pick-up, trois Pick-up Torus, une Lexus que Macky Sall lui avait offerte en 2007 en tant que son Premier ministre, un vanne Jmc et un mini vanne. Sur quoi Abdoulaye Wade comptait pour appuyer son parti pour la campagne des Législatives en cours.

Le Quotidien

Lundi 11 Juin 2012 - 17:13



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