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Du terrorisme verbal au pugilat parlementaire... (Par Amadou Tidiane Wone)



Les menaces adressées à Karim Wade par des personnalités qui ne sont pas des juges, quant à sa mise aux arrêts, s'il ose seulement mettre les pieds au Sénégal, prêtent à sourire.



Karim Wade à été gracié, par le Chef de l'État, de la peine d'emprisonnement. Sauf irrespect au Gardien de la Constitution, nul ne peut, à moins d'une nouvelle décision de justice, le conduire directement de l'aéroport à Rebeuss. Car, la contrainte par corps évoquée, urbi et orbi, obéit à une procédure. Il serait bon que les vrais juristes nous éclairent, sur les voies et les moyens par lesquelles elle se déclenche. Son champ d'application et ses limites.
Pour l'heure, et faisant juste preuve de bon sens, on peut se demander si la contrainte par corps ne s'applique pas surtout à un cas de refus de paiement. Que se passe t- il dans le cas où un délinquant de bonne foi sollicite, par des voies de droit, un différé et des modalités de paiement échelonnées dans le temps? Le but recherché étant de recouvrer, au bénéfice du Trésor Public, des sommes dont il aurait grandement besoin par les temps qui courent! Pour ce faire il faut, au moins, pour les personnes concernées le droit d'aller et de venir pour rassembler les moyens de payer leur dette.
Il faut également pouvoir obtenir, et l'honorer librement, un rendez-vous avec l'agent judiciaire de l'État entouré, au besoin, des Avocats de la puissance publique et des Conseils du condamné pour négocier les termes, et les modalités de paiement d'une somme aussi importante que celle infligée à Karim Wade: 138 milliards! S'ils existent, ils ne doivent pas reposer dans des malettes ou même des comptes bancaires.
Car jusqu'ici, les preuves de l'existence, en nature ou en espèces, des sommes attribuées à Karim Wade n'ont pas encore été apportées. Que je sache! Sinon l'État aurait mis en ébranle tous les moyens pour se saisir des biens correspondants, à la hauteur de ses prétentions.

Tout cela pour déplorer, encore une fois, les conditions des poursuites intentées contre Karim Wade. La CREI semble avoir été taillée sur mesure pour le neutraliser. A tout prix. Et lui seul. Les autres clients potentiels de la CREI ont été oubliés ou blanchis. Sinon tenus en respect... sous le coude présidentiel(!) D'ailleurs, les plus zélés à menacer Karim Wade se recrutent dans cette frange. Cette fange devrait-on dire... On les comprend!

La Vérité finira, un jour ou l'autre, par éclater au grand jour. En attendant, que personne ne nous fasse croire qu'il est possible, en droit, de conduire Karim Wade de l'aéroport à la prison alors même que des juridictions internationales et plusieurs juristes éminents interrogent la régularité des poursuites qui lui ont été intentées, dans la forme. Comme dans le fond.
«Errare humanum est, sed perseverare diabolicum...»
A moins que les sénégalais ne se soient résolus, définitivement , à ce que : «la raison du plus fort est toujours la meilleure» comme le disait la fable de Jean de la Fontaine... Jusqu'à ce qu'elle décline. Ce qui est le sort de toute force.

Bref, il va falloir se rendre compte que «lorsque les bornes sont franchies, il n'y a plus de limites!» Et réagir avant qu'il ne soit trop tard...

Car, des bornes ont été franchies. En l'occurrence, par certains «Honorables » parlementaires qui se sont déshonorés par un étalage de force physique dans un hémicycle dédié aux travaux de l'esprit, au service de la Nation. Nous croyions avoir touché le fond avec la douzième législature. L'opinion publique avait profondément exprimé le voeu de voir l'Assemblée Nationale retrouver de la solennité et son prestige, sa capacité de proposition de lois et son pouvoir de contrôle du pouvoir exécutif. Las... Le Président de l'Institution y reçoit même des promoteurs de campagne de parrainage à l'honneur d'un candidat, parmi d'autres, fût-il un Président sortant... Le siège de son parti ou celui de sa coalition aurait été plus indiqué . M'enfin... «Lorsque les bornes sont franchies....»

Une drôle d'ambiance plane sur le pays. Une campagne électorale, en bonne et due forme, est menée par le Président sortant: inauguration d'infrastructures aussitôt refermées à l'usage public. Sinon ouvertes épisodiquement... Tournées «économiques» intéressées, sur-investissements dans les familles religieuses et surtout certains de leurs représentants, lancement de «projets» ciblant la jeunesse et ses centres d'intérêt notamment dans le domaine de l'économie numérique etc.
Toute cette frénésie que notre Radiodiffusion Nationale nous impose de suivre plusieurs fois par jour. Jusqu'à l'overdose (?) Heureusement que le monopole médiatique n'est plus de vigueur. Indépendance sur télécommande! Nous avons la liberté de zapper. De nous évader. De nous épancher à travers les réseaux sociaux pour dire notre fait à ceux dont l'hyperactivité et les discours triomphalistes révèlent une angoisse. Comme un doute que l'on tente d'exorciser. Et c'est cette frénésie qui est le meilleur baromètre de la rupture de confiance qui explique toutes les techniques et artifices utilisés pour garantir «une victoire éclatante au premier tour le 24 février au soir» au Président sortant...

Un bilan ne se démontre pas. Il se voit! Il se ressent. Si la majorité des citoyens du pays l'éprouve et l'approuve, pourquoi s'inquiéter?

Amadou Tidiane Wone

PiccMi.Com

Mercredi 28 Novembre 2018 - 00:07



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