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Editorial: Festivités de fin d'année en Gambie: ces moments de gaspillage dont peut se passer le pays





Photo d'illustration
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Dans un pays où plus de la moitié de la population vit sous le seuil de pauvreté, comment peut-on cautionner qu’on dépense de faramineuses sommes pendant les fêtes de fin d’année ?

C'est une tradition, la deuxième quinzaine du mois de décembre est synonyme de festivités et de de réjouissances en Gambie. On remarque une forte fréquentation touristique. Des artistes sont invités de part et d’autres pour communier avec le public. Pour cette année, ce sont une dizaine d’artistes sénégalais et d'ailleurs qui sont attendus: Wally Seck, Viviane Chidid, Momo Dieng, Youssou Ndour, Sidiki Diabaté etc.

Loin de nous d’être des donneurs de leçons ou nationalistes, mais à ce rythme on se demande quelle place pour les artistes locaux ? Pourquoi ceux-ci ne font-ils pas bonne recette autant que les autres ? Auraient-ils moins de talents que les autres ou le public serait-il plus friand de "mbalax" made in Sénégal ? Ce sont là des interrogations légitimes auxquelles il faut trouver des réponses. Dans notre société, il urge de faire une moralisation de l’espace public et une autocritique.

La Gambie est un pays à forte majorité musulmane (90%). Il est incompréhensible, voire inadmissible de constater que les jeunes musulmans ont plus de propension à fêter Noël et Réveillon en grande pompe.
Pis encore, pourquoi tant de gaspillage dans un pays où les commodités élémentaires: l’eau et l’électricité restent à régler ? D'où provient tout cet argent dépensé ?

Selon le classement mondial de l’indice de pauvreté de 2016, la Gambie a certes progressé en doublant son score en 22 ans. Le pays occupe la 39 place sur le contient (173è dans le monde). Certes, il ne règne pas l’extrême pauvreté, mais délibérément, du chemin encore à faire.
Parlant de cette gabegie, il est triste de constater ces distributions de billets de banque en public dans un pays ou le smic est aussi l’un des plus faibles au monde (hélas ! point de statistiques, nous nous basons sur l’expérience).

Les 72h de Wally à Banjul en est une belle illustration. En plus de la cherté des tarifs, 50.000 dalasis pour une table de cérémonie, soit quelque 700.000 FCFA, il faut ajouter ces scènes de foire au gaspillage qui font froid dans le dos. L'on peut faire la fête et se défouler dans la sobriété non ?

Nous avons beau changer de régimes, mais il est des pratiques qui ne riment pas avec le progrès. Il faut donc les bannir. L’Etat ne peut être ubuesque. Aux leaders d’opinion, comme les Imams et les Prêtres de prêcher la bonne parole. Dire à l’opinion que le pays a besoin de sacrifices et qu’il urge qu'on serre les ceintures encore sur tous les plans. Dépenser une fortune pendant quelques jours, se retrouver à trimer par la suite pendant toute l'année dans la dèche devraient être des pratiques d’autres temps, si l’on veut une véritable rupture avec le passé.

Une nouvelle année se profile avec son lot d’inconnues, il faut se préparer à cela. Sur ce, Joyeux Noël à tous les chrétiens, bonne et heureuse année 2018.

Amadou Barry, Journaliste/ Communicant


Mardi 26 Décembre 2017 - 12:45



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