contenu de la page
Connectez-vous S'inscrire
PiccMi.Com



Le vuvuzela vu par les journalistes : ça dérange mais qu’on ne l’interdise pas



Johannesburg, 14 juin (APS) – Plusieurs reporters sportifs couvrant la coupe du monde ont confié à l’envoyé spécial de l’APS qu’ils sont certes incommodés par les bruits assourdissants des vuvuzela dans les stades sud-africains mais ils s’opposent malgré tout à l’interdiction des fameuses trompettes en plastique.



Le vuvuzela vu par les journalistes : ça dérange mais qu’on ne l’interdise pas
Au parloir, le journaliste du Kurier de Vienne (Autriche), Bernhard Hernich déclare que ‘’c’est gênant pour quelqu’un qui vient de le (vuvuzela) découvrir’’, avant d’ajouter : ‘’moi, la première fois, c’était à l’occasion d’un match amical entre le Mozambique et le Portugal à Maputo, j’étais au bord du terrain, c’était très difficile’’.

Pour autant, s’empresse-t-il souligner, il n’est pas question d’interdire cet instrument qui fait partie de l’attirail du supporter de football en Afrique du Sud.

’’Sans le vuvuzela, on aura l’impression de ne pas être en Afrique du Sud’’, ajoute le confrère autrichien non sans se demander si cet instrument très populaire dans le pays de Nelson Mandela existe dans les autres stades africains. C’est dans les années 1990 que les supporters des deux équipes phares de Soweto, Orlando Pirates et Kaizer Chiefs, ont commencé à apporter avec eux au stade le vuvuzela.

L’usage a fait tache d’huile du côté de la Zambie où, selon le photographe de Kick-Off, Jean Ndayisenga, un Rwandais d’origine, l’instrument est entré dans les mœurs des supporters.

’’Moi, ça ne me pose aucun problème, ce n’est pas l’objet d’un débat à mon niveau’’, a relève le photographe qui s’apprêtait à envoyer son reportage photo du match Danemark-Hollande (0-2).

Tout comme lui, le Japonais Yokoi Nobuyuki ne voit pas la nécessité d’aller à l’encontre de la culture locale en essayant d’interdire le vuvuzela.

’’C’est une partie de la culture locale et on doit respecter cela’’, insiste le reporter au sujet de la trompette qui, fabriqué dans les 1990 en étain, est passé en matière plastique depuis 2001.

Après s’être opposé dans un premier temps à son utilisation, la FIFA a fini par reculer sous la pression de la Fédération sud-africaine de football. A la grande joie des supporters sud africains.

Ce faisant, le prix unitaire du vuvuzela est passé de 50 à 100 rands (3500 à 6000 FCFA) du fait de la forte demande qui émane également des supporters des autres pays, à l’image des Hollandais. Ces derniers en ont usé et abusé lundi contre le Danemark, soutient le reporter japonais relevant que l’organisation du Mondial dans les différentes régions du monde doit permettre un tel échange culturel.

La photographe argentine, Maria Guadelupe Aizaga de Diario de Nacion de Buenos Aires, abonde dans le même sens même si elle reconnaît que le son rendu par le vuvuzela est ‘’très gênant’’.

’’Je dois vous avouer que ça me gêne beaucoup, j’ai du mal à me concentrer mais il n’est pas question pour moi de demander son interdiction parce que chaque pays a son identité’’, a-t-elle dit sans se départir de son sourire.

Gêne pour gêne, Roberto Arias d’El Salvador souligne que dans le championnat anglais, les spectateurs étrangers et les journalistes sont submergés par les chants.

’’Tout le monde connaît les kops anglais et personne ne s’en plaint, il faut respecter la culture locale et c’est un bon moyen d’enrichissement’’, a-t-il indiqué soulignant au contraire de beaucoup de journalistes qui plaident la fabrication de modèles moins bruyants, qu’il faut laisser tel quel le vuvuzela.

Chez les joueurs, le milieu de terrain hollandais, Wesley Sneijder, reconnaît que le vuvuzela fait partie de la culture locale mais il dit aussitôt comprendre les étrangers qui dénoncent son incessant bourdonnement.

Les râleurs sont-ils entendus ? Toujours est-il que les marchands de vuvuzelas qu’on voit en grand nombre autour stades proposent également des protèges oreilles susceptibles d’atténuer le bruit dont la perception fait penser à celui d’un gros essaim d’abeilles en déplacement ou un avion gros porteur en plein décollage.

Mise en ligne par M. S.

Lundi 14 Juin 2010 - 18:12



Dans la même rubrique :
< >

Nouveau commentaire :
Twitter

Face à certains abus et dérives, nous vous rappelons que cet espace a vocation à partager vos avis sur nos contenus et à débattre mais en aucun cas à proférer des propos calomnieux, violents ou injurieux. Nous vous rappelons également que nous modérons ces commentaires et que nous pouvons être amenés à bloquer les comptes qui contreviendraient de façon récurrente à nos conditions d'utilisation.