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TRAQUE DES BIENS MAL ACQUIS : La dernière ligne droite pour Karim et compagnie



PICCMI.COM - Six mois et demi après l’ouverture du procès le plus médiatisé de l’histoire judiciaire du Sénégal, la dernière ligne droite va être entamée. Le président de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI), Henry Grégoire Diop, a annoncé à la fin de la session de ce mardi 10 février, le début des plaidoiries pour lundi prochain. Un procès à rebondissements qui se passe au tribunal et sur…, la rue publique.



TRAQUE DES BIENS MAL ACQUIS : La dernière ligne droite pour Karim et compagnie
Karim Meissa Wade, ex-ministre d'Etat, ministre de la Coopération internationale, des Transports aériens, et de l’Energie, ainsi que ses co-accusés Pape Mamadou Pouye, Alioune Samba Diassé, Ibrahima Khalil Bourgi et son frère, Pierre Agbobga, Mbaye Ndiaye et Vieux Aïdara, aujourd’hui en fuite, sont les premier clients de la Cour de répression de l’enrichissement illicite (CREI). Ils sont poursuivis par l’Etat du Sénégal pour enrichissement illicite portant sur la faramineuse somme de 117 milliards. Dans ce lot, Karim Wade fait office d’accusés principal, alors que les autres, seraient ses complices et auraient agi en tant que prête-nom, pour aider le fils de l’ancien président à cacher ses «méfaits».

Pendant six mois, la CREI a vu défiler devant sa barre près de 80 témoins. Certains, dont son ancien proche collaborateur Cheikh Diallo, ont chargé l’ex-ministre d’Etat. Ce dernier, après avoir séjourné pendant six mois en prison, a bénéficié d’un non-lieu, avant de se déclarer devant la barre, être un prête-nom de son mentor dans la constitution du capital de CD Media Group. D’autres, l’ont tout simplement déchargé. Malgré tout, force est de reconnaitre que ce procès a réussi à tenu en haleine les populations sénégalaises et même au –delà, du fait de ses multiples rebondissements. On cite pêle-mêle : les railleries de Karim Wade à l’égard de la Cour qu’il a accusé de «regarder ses babouches à chaque fois (qu’il) lui parle du compte de Singapour». Il est même allé plus loin en demandant au président Henry Grégoire Diop, de venir avec lui à Singapour pour récupérer le fameux butin de «47 milliards dont aurait besoin le Sénégal». On se rappelle aussi des passes d’armes entre les avocats de la défense et la cour, du limogeage en pleine audience du procureur spécial Alioune Ndao qui selon le garde des Sceaux, «était devenu ingérable», de la démission avec fracas du substitut Wane en pleine audience, de «l’agression» de Karim Wade par les éléments de l’administration pénitentiaire qui l’ont menotté après qu’il a refusé de regagner sa place, de son refus de revenir au tribunal et de ce qui en est suivi, des rebondissements autour de la maladie de Bibo Bourgi, entre autres….

C’est dire alors que dans ce procès inédit, ce ne sont pas les rebondissements qui manquent. Si du côté de l’opposition, on se gausse d’un procès politique dont le verdict est connu d’avance. De l’avis d’un des avocats de Karim Wade, Me Seydou Diagne en l’occurrence, «trente jours après l’ouverture du procès, le président de la Cour a démontré qu’il avait déjà son verdict. Car il a dit à (son) client ‘’ne pensez pas que vous allez rentrer chez vous’’». Or du côté du pouvoir, on parle «d’un procès compliqué du fait de la nature des infractions qui relèvent de la dissimulation et de la délinquance financière», Seydou Gueye, porte –parole de l’APR et adjoint du Directeur de cabinet du Président de la République dixit. Dans ce jeu de ping –pong, de l’ancien Président de la République, Me Abdoulaye Wade, chauffe la rue, avec des meetings, des sit-in, des déclarations incendiaires et des conférences de presse, pour davantage rallier les suffrages de l’opinion à sa cause : celle de la défense de son fils. Un dessein qui l’a même poussé à verser dans la provocation, en forçant un barrage de la police. Pendant ce temps, deux des co- accusés de Karim Wade ont pris la clé des champs : Vieux Savané et le second frère Bourgi. Ils n’ont jamais fait face à la CREI.
Les plaidoiries qui démarrent ce lundi et qui se feront à sens unique, du fait de l’absence des avocats de la défense, pourront-ils apporter d’avantage de lumière et de sérénité ? C’est là, la principale espérance des Sénégalais, pour enfin tourner cette page.



Mercredi 11 Février 2015 - 12:31



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